L’architecture a-t-elle une influence dans le monde du travail ? Sans aucun doute, répond fermement Reinhold Würth, président du groupe Würth, dans la préface de l’ouvrage de Hans Peter chwartz, Würth. Die Architektur weiterbringen (Münich, Edition Aries, 1995, p. 37).
Siège social de Würth France
Confort et esthétique sont des sources de motivation puissantes. Et parce qu’il existe une dynamique du beau et de l’esprit, il est juste de considérer l’environnement dans lequel les hommes passent la plus grande partie de leur vie. Montre-moi ton bureau, je te dirai qui tu es… et quel patron tu as. Le respect des hommes aurait-il quelque chose à voir avec le respect des choses et des lieux ? Nous le croyons.
Nous voulions que notre nouveau port d’attache soit sous-tendu par un fort support culturel : aujourd’hui, notre environnement de travail extrêmement humanisé favorise le bien-être, les capacités d’écoute et l’autonomie. Cet édifice est à l’image d’un futur plein de promesses et le creuset de nombreuses richesses humaines présentes et à venir.
Description : le bâtiment est orienté nord-sud pour un ensoleillement optimal. L’intérieur est constitué d’un atrium de la hauteur de l’immeuble, étagé en gradins où chaque niveau correspond aux surfaces requises par les services correspondants ; la distribution interne se fait par deux ascenseurs panoramiques vitrés et des circulations non closes bordant l’atrium à tous les niveaux. L’ensemble tient compte des besoins quantitatifs actuels et à venir en intègrant toute idée d’extension future.
Conditions de travail : pour assurer de bonnes conditions de travail, éliminer les contraintes de déplacement, de communication et d’inconfort dues à la croissance de l’entreprise, l’ensemble des collaborateurs est regroupé sur un même site, répondant à leurs aspirations : kitchnettes et espaces d’accueil et de réunion à tous les niveaux, création de lieux de détente dans le parc, structures modulables, clarté par l’utilisation généralisée de vitrages clairs et spacieux et l’éclairage zénithal de l’atrium. Des portes-fenêtres dans chaque local donnent accès à une structure métallique extérieure, faisant le tour du bâtiment et équipée d’une rembarde. Point d’orgue de la culture de l’entreprise, la présence de l’art se traduit par des sculptures et des peintures dans le hall d’accueil et à l’extérieur du bâtiment.
Matériaux : ont été exclus les matériaux ayant une connotation trop urbaine (pierre, enduits, …) ou trop industrielle (bardages). C’est dans cette optique et en relation avec l’image paysagère souhaitée que le principe d’une grande transparence a été recherchée par l’utilisation généralisée de vitrages clairs et sérigraphiés. La qualité du cadre de vie étant un critère essentiel du programme exigeant " des espaces de travail clairs, fonctionnels et agréables ", la volumétrie interne du bâtiment et sa distribution fonctionnelle ont été organisées autour d’un atrium de la hauteur de l’immeuble et éclairé zénithalement par une succession de coques métalliques prenant la lumière naturelle au nord. Compte tenu de la variation de surfaces exigées par les différents services, l’atrium a été étagé en gradins de manière à ce que chaque niveau corresponde aux surfaces requises par les services correspondants et de manière à créer une succession de jardins en espaliers, associant au cœur même du bâtiment, l’esprit paysager de l’environnement créé.
Prix de l’Arbre d’Or 2000
Würth, un jardin qui a le vent en poupe. Charlotte Dorn Dernières Nouvelles d’Alsace, 5 juillet 2000
" La société Würth, implantée à Erstein, doit recevoir aujourd’hui l’Arbre d’or. Un trophée qui récompense les huit plus beaux aménagements paysagers français. Visite dans un jardin qui donne envie d’y jeter l’ancre. Le regard cherche la mer. Elle ne peut pas être loin, avec ce bâtiment gigantesque, bordé de coursives sur tout son pourtour, comme des bastingages de bateau. Pourtant, si l’usine Würth était implantée près d’une côte maritime, cela se saurait… Dans la zone industrielle ouest d’Erstein, au bord de la RN 83, pas de voiles à bâbord, ni à tribord. Mais un jardin qui respire l’air marin, imaginé par Martine Rascle de l’agence Ilex, lorsque Würth a investi les lieux, il y a trois ans. Au pied du grand paquebot, qui contient 7 500 m² de bureaux, un large ponton de bois exotique s’avance vers les plantations. Encore une barrière de petits rochers gris, qui joue les jetées brise-lames, et on nage dans le vert. Cinq hectares de végétation luxuriante entourent un bassin asymétrique, qui serpente sous les nénuphars. Le parc, qui intègre sans peine l’immense parking voisin, grâce à une longue passerelle au toit semé d’herbe, est visible depuis le bâtiment, à travers de grands murs de verre. Du côté de l’entrée, de grandes dalles aux joints d’herbe dessinent un quai ouvert à tous les vents et tous les débarquements. Un simple fossé a été creusé en guise de clôture, pour ne pas boucher l’horizon. Afin de décidément se croire en villégiature, les jours de grand soleil, des transats sont même à la disposition des employés lors de la pause déjeuner. Ils ne sont pas les seuls à apprécier les lieux. Les carpes qui sillonnent le bassin se sont trouvées si bien qu’elles se sont reproduites à une cadence infernale. Pour que l’eau ne ressemble plus à un vivier, les pêcheurs de l’entreprise ont été invités à sortir leurs lignes ! Les oiseaux n’ont pas tardé non plus à aborder cette nouvelle contrée arborée – un luxe dans une zone industrielle sans un pic d’ombre… Un couple de colverts a même élu domicile sur le rivage. C’est pour ce havre de paix dans un monde de boulons (la spécialité de l’usine Würth) que l’entreprise recevra ce soir au Sénat l’Arbre d’or du paysage 2000, dans la catégorie commerces et industries. "